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Compte rendu – Aïga Trail 2020

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Compte rendu – Aïga Trail 2020

Saint Mesmin – Cubjac – 64k 2000D+

Je pensais vous écrire ce type de compte rendu il y a deux mois, après ma préparation pour les 75 kilomètres des Hospitaliers, mais tout ne s’est pas vraiment passé comme prévu, et je n’ai pas pris le départ. Il était pour moi hors de question de refaire deux mois de préparation intensive pour courir une longue distance ! L’Aïga Trail, je n’irai pas ! J’allais suivre le groupe Bergerac Running durant leur entraînement, mais c’était tout… Bon, deux dimanches après, je changeai d’avis… Je voulais vraiment la faire cette course et surtout cette prépa !

Me voilà donc inscrite pour l’Aïga Trail… Les semaines de prépa se sont tellement bien passées qu’il ne me tardait qu’une chose : prendre le départ de cette course. L’effet de groupe y était pour beaucoup, nous allions être neuf coureurs de Bergerac Running, neuf à nous entraîner ensemble, chaque semaine, pour le même objectif, finir ces 65 kilomètres.

Allez, trêve de bavardages, je vous laisse avec le compte rendu.

Départ 10h00 pour les solo, duo et relaie des 64km

4 h 30 – Le réveil sonne, j’arrive péniblement à attraper mon portable et lui demander 5 minutes de répit avant de me hisser hors du lit. Nous avions rendez-vous à 5 h 30 avec l’équipe de Bergerac Running pour le covoiturage.

5 h 00Je ne réalise pas du tout que, dans quelques heures, je prendrai le départ pour 65 km de course. La voiture est chargée, dernier tour des affaires, il ne me semble pas avoir oublié grand-chose. L’air extérieur est doux, la météo avait annoncé des températures négatives mais pour le moment, le temps semble clément !

5 h 30 – Tout le petit groupe est là. Nous voilà partis pour 1 h 30 de route. On discute de tout et de rien, l’ambiance est vraiment détendue dans l’auto. On se donne des pronostics de temps. Pour ma part, je vise les neuf heures, d’après Coach c’est le temps qu’il m’est possible de faire avec ces conditions climatiques.

7 h 10 – On gare difficilement la voiture dans le petit village de Saint-Mesmin. On trouve une place devant le cimetière… Est-ce un signe ? Nous partons récupérer nos dossards et les multiples cadeaux que renferme le tote bag de la course !

8 h 00 – Nous montons tous dans le bus qui nous amène au départ de la course à Cubjac. La course ne fait pas une boucle comme beaucoup, mais un aller « simple », tout droit direction la ligne d’arrivée !

9 h 00 – Nous arrivons dans le village. Température… moins huit mille ! On nous annonce que la salle, habituellement ouverte, est fermée cette année, mais que les sanitaires sont tout de même ouverts au public, on file en direction de cette salle… Ô miracle, les portes ne sont pas fermées ! Quarante-cinq minutes d’attente bien au chaud, hourra !

9 h 45 – Nous sommes tous derrière l’arche du départ. David, l’organisateur de l’événement, nous donne les dernières recommandations. Je croise plusieurs visages connus, Alain de Sarlat, Gregory du 47 et d’autres « croisés » sur Strava, Instagram, ou Facebook. Ça me fait vraiment drôle de reprendre le départ d’une course, j’ai l’impression de ne plus savoir faire…

1, 2, 3 c’est parti, un pied devant l’autre on se retrouve à l’arrivée… 

0 à 10 km – Départ dans le froid, mais le soleil est là et je n’ai malheureusement la vitesse de personne dans le groupe… Je décide de partir tout doucement, Jérôme et les deux Jean-Luc sont derrière moi. Coach est à quelques mètres devant moi. Je vois Amélie partir rapidement devant (tellement rapide qu’elle finira sur la plus haute marche du podium!), Olivier, Hugues et Noël sont perdus de vue dès le départ… Nous parcourons trois cents mètres avant la première montée sur le bitume… Coach, comme à son habitude, ralentit sa course pour que je revienne à sa hauteur (merci !).

Au premier kilomètre déjà un « mur » dans les bois… Je me hisse à la force des cuisses et surtout de l’aide de mes bâtons, le sol glisse énormément… Arrivée en haut, je suis déjà comme une cocotte-minute sous ma veste, la descente qui arrive me fait encore plus peur… J’ai l’impression d’être au ski… sans skis… Je vois l’un des Jean-Luc nous doubler comme un fou… humm (Jean-Luc, ce n’est pas bien… !). Jérôme arrive à notre hauteur, nous faisons plusieurs kilomètres Coach, Jérôme et moi. Deux couples de Bordelais semblent bien en forme, ils font la course en duo. Nous courons plusieurs kilomètres ensemble. Je suis Coach, il me donne le rythme, les yeux fixés sur mon cardio. Nous marchons dans les côtes les plus raides et alternons marche et course sur les faux plats. Nous avons un bon rythme, je me sens bien. Jérôme prend rapidement son envol, nous ne le reverrons qu’à l’arrivée.

Après un peu d’escalade, de glissades et beaucoup de fous rires, nous arrivons au premier ravito. Pas de pause pour nous, on trace la route et laissons les Bordelais derrière nous.

10 à 20 km – Je ne le lâche pas les semelles de Coach. Je me dis à plusieurs reprises que ça doit être vraiment relou pour lui de me supporter derrière ses baskets à chaque course… Mais bon, pour cette première longue distance, comme pour mes premiers quarante kilomètres, je me sens plus rassurée avec lui qui me donne l’allure. Comme à mon habitude, je suis un vrai moulin à paroles, je fais passer le temps et les kilomètres…

20 à 30 km – Le temps est magnifique, un soleil et une chaleur qui font rêver ! Je ne pouvais pas espérer mieux pour mon premier 65 km ! Je m’alimente toutes les trente minutes comme prévu : un gel, une barre, un gel, une barre… Le cardio ne dépasse pas les 150 pulses, tout est OK ! Guillaume, une connaissance Instagram, arrive à notre hauteur un peu avant le deuxième ravito des trente kilomètres. Je suis vraiment contente de pouvoir le voir et discuter un peu avec lui. Nous faisons quelques kilomètres ensemble et rapidement, lui et son ami passent devant nous. Nous les retrouvons au ravito, et quel ravito ! Musique créole, acras, viandes marinées, patates douces et chocolat nous sont servis. Je ne suis que joie. Je mange une demi-patate douce, quelques carrés de chocolat et nous voilà repartis.

30 à 40 kmJ’ai des ailes sous les pieds ! Nous arrivons à ce fameux tunnel, j’ai clairement l’impression de ne jamais en voir la fin (si vous avez lu mon article sur mes dix révélations personnelles ICI, vous savez que moi et le noir, ce n’est quand même pas une super histoire d’amour…). Je reste collée aux baskets de Coach, surtout ne pas paniquer, surtout ne pas paniquer… Je panique, je panique ! Ouf, sortie !

Coach se « plaint » de maux de ventre. Il a le cardio qui monte vite. On ralentit l’allure. Il me propose de passer devant, mais niet on a fait deux mois de prépa ensemble, il me supporte à chaque entraînement, je ne le lâche pas ! Et puis je flippe comme une gosse de courir sans lui. Je suis habituée à courir derrière ses baskets, j’ai peur que sans lui, j’explose, que je ne sache pas faire… Je suis encore une grande enfant avec une confiance en moi proche de −10 ! On continue ensemble, mais le rythme est compliqué pour lui, son mal de ventre lui fait monter le cardio (la course, on la fait au cardio, pour ne jamais avoir à monter dans le rouge et finir avec un coup de barre). Il me répète à plusieurs reprises de partir devant. Guillaume est à portée de baskets. Si je continue sur mon allure, je peux le rejoindre avec deux autres coureurs. Je me résigne, je file. J’arrive très vite à leur niveau. On passe un bourbier « incourable », je me retrouve, Coach n’est pas loin, je continue avec eux. À plusieurs reprises, je regarde derrière moi, et puis plus de Coach… Humm bizarre… Je finis par remonter Jean-Luc, légèrement cramé, avant de prendre une nouvelle fois un tunnel, cette fois bien plus court mais avec de l’eau jusqu’aux chevilles. Je suis toujours les trois garçons (Guillaume, Jérémie et Yohan). Le groupe que nous formons se transforme en duos, Guillaume avec son ami, et moi qui papote avec Yohan. On arrive rapidement au ravito des quarante kilomètres.

40 à 50 km – Je prends une bonne pause de 10 à 15 minutes, je mange du chocolat, des dattes et une banane. J’en profite pour appeler l’amoureux et lui dire que tout va bien. Coach arrive à ce moment, blanc comme un linge… « Ça va pas ? » « Non, rien ne passe, et là je viens de tout vider… » Bon… Je comprends que je vais être seule. Je regarde Yohan qui prend une pause au sol. Ça fait plus de dix minutes que je suis là, je ne veux pas perdre trop de temps. Coach me dit de filer, j’ai pris suffisamment de repos. Pour lui, la course s’arrête ici. J’ai peur, mais vraiment peur… Je me trompe de chemin dès la reprise, je reviens sur mes pas et récupère du coup Guillaume et Jérémie dans la course. Ils vont trop vite pour moi. Je reprends mon allure. Tant pis, je ferai la fin seule… C’est long mais je pense à plein de choses, je cours toujours à bonne allure. Une pause pipi s’impose, je profite d’un bois pour faire ma halte… J’entends un coureur qui arrive… J’ai la poisse ! Je me rhabille en deux secondes et repars comme si de rien n’était… « Ha ! Mais c’est toi ! » Yohan revient à ma hauteur, je ne suis que joie ! Mais bon, il va plus vite que moi, s’il m’a rattrapée, la logique veut que dans deux minutes je sois de nouveau seule… On commence à papoter. Et là, les kilomètres passent… on a presque la même allure finalement, on continue la course ensemble en parlant de tout et de rien.

50 à 64 km – Le dernier ravito arrive. Yohan recharge en eau, je mange deux petits carrés de chocolat, attrape ma frontale dans le sac et nous repartons. Les jambes commencent à fatiguer, la nuit tombe, et le passage le plus technique arrive. Impossible pour nous de courir, on slalome entre les arbres, les branches et les racines. Ça grimpe, ça redescend, on arrive sur une partie en bitume. Mon pied, qui était un peu trop à l’étroit depuis le début de la course, me fait d’un coup un mal de chien ! Je serre les dents à chaque foulée, je cours sur le bas-côté pour « soulager » la douleur, courir sur le bitume est intenable ! On repart dans les bois, il fait nuit noire, on longe la Vézère. Je suis vraiment contente que Yohan soit avec moi, je n’ai ressenti aucun coup de mou pour le moment. On discute, le temps passe plus vite, mais pas les kilomètres. C’est vraiment technique cette dernière partie ! J’en viens à me demander comment j’aurais fait sans personne sur cette portion. J’aurais sûrement mis bien plus de temps, et le moral aurait pris un gros coup ! Mon pied me fait vraiment mal, mais la fin est bientôt là, et je n’ai pas suffisamment mal pour ne pas courir, alors je continue. On arrivera tout de même à courir et marcher jusqu’aux 62 kilomètres. Les deux derniers, on les a finis en marchant. On voit une lignée de flambeaux dans les bois, c’est juste splendide ! La dernière côte est juste devant nous. Allez, on ne lâche rien ! Yohan a mal aux mollets, ce n’est pas le moment de lâcher. Mon pied n’en peut plus, mais à nous deux on va bien en finir avec cette course ! J’entends en haut de la bute des applaudissements, ça donne le sourire et là, j’aperçois Coach et Hugues, juste avant l’arrivée. Coach a retrouvé le sourire et Hugues est encore en tenue de combat, ça me fait tellement plaisir de les voir ! On passe avec Yohan l’arche ensemble.

Il nous aura fallu 10 h 10 pour en finir, on aurait sûrement pu aller plus vite, moins parler, mais on est arrivés avec le sourire et malgré des mollets bien douloureux pour lui et un pied qui dit merde pour moi, on en sera venu à bout de ces 67 kilomètres.

Je vous écris tout ça moins de 24 heures après la fin de la course. Mon pied est très douloureux, mais j’ai des étoiles dans les yeux ! Mille mercis Coach, pour ta préparation, ton temps pour m’aider sur les courses, les séances et les sorties ! Merci à toute l’équipe de Bergerac Running pour l’ambiance de folie pendant cette préparation. Merci à Yohan pour avoir supporté un moulin à paroles pendant plus de cinq heures… Mais aussi à l’homme de l’ombre pendant cette course (le beau-frère de Hugues) qui nous a servie d’accompagnateur tout au long de l’épreuve.

Et un très grand merci à l’organisateur, David, et son équipe pour cette course magnifique, le tout orchestré d’une main de maître pour que nous puissions vivre une course dans les meilleures conditions. La sécurité est assurée par des bénévoles d’une grande gentillesse, je ne vous parle même pas des ravitos dignes d’un marché gourmand et de l’ambiance de fin de course si conviviale.

Bravo à tous les participants à l’épreuve, vous pouvez tous être fiers de vous ! À très vite pour une nouvelle course et de nombreux kilomètres.

Pour plus de photos  c’est ICI 

Et le classement général des courses ICI 

Le parcoure et ma course sur STRAVA

La course en vidéo, merci Jean Luc pour les images

Les photos qui illustre l’article ont été pris sur des comptes Facebook et blog des participants de la course

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Commentaires : 3

  1. Pasteur dit :

    Merci Pauline pour ce beau compte-rendu. Jean Luc.

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